samedi 11 décembre 2010

BOWEL SOUNDS OF A DEAF MAN - SHARGATH (2007)




Pour la première chronique, je me suis repenché vers ma bibliothèque "iTunes" plutôt que dans les nouveautés toutes droites sorties afin de profiter de la période des fêtes. Je n'ai pas eu non plus envie de chroniquer une livraison qui a déjà saturé tout l'espace médiatique, mais plutôt un disque quelque peu à part. 

A part tout d'abord dans sa conception, "Bowel Sounds Of The Deaf Man" est la première livraison entièrement auto-produite par le groupe belge Shargath. Elle est téléchargeable gratuitement et intégralement sur le site du groupe www.shargath.com !   

A part également dans son contenu, "Bowel Sounds" est un album de metal où puissance et intensité ne riment pas avec facilité et déjà vu, et où complexité et expérimentations n'incluent pas forcément longueur et démonstration.

Au contraire, les neufs chansons de cet opus sont directes. Le quartet n'a pas l'intention de nous faire attendre, la montagne russe est enclenchée et bien décidée à ne pas relâcher la pression un seul instant. La machine roule tellement bien que l'on pardonnera très facilement le mix un peu "roots" de la galette.

Dès "Chees Us", les riffs s'enchaînent tantôt raides et tendus, tantôt lourds et sinueux mais d'un groove toujours imparable. Le chanteur donne le ton, la section rythmique se charge du reste. Attachez vos ceintures, Shargath s'occupe de vous.

Les belges ont bien compris qu'un bon album doit tenir sur la longueur."Ski Spies Are Watching Us From Space", le deuxième titre nous offre une petite bouffée d'oxygène après un démarrage explosif.  Il ouvre entre autre sur un petit échantillon du registre mélodique dont ils sont capables mais permet surtout de reprendre la suite avec encore plus d'entrain. Au delà de la puissance impressionnante dont sont chargés les morceaux, une autre impression se dégage à l'écoute de l'opus : celle du plaisir communicatif que prend le groupe à jouer. Les Shargath sont futés, ils défoulent à mesure qu'ils nous excitent !

"Hairdressing Room" enfonce le clou. Le morceau, probablement l'un des plus réussis de l'album nous balade de bout en bout. On a le sentiment de ne plus trop savoir où tout a commencé mais sans celui, désagréable, d'être perdu. Le voyage est simplement jouissif.

Les riffs trash, black et death s'enchainent sur "I Crashed My Evil Puppets" tandis que le chant explore d'autres registres, développe des ambiances encore inédites dans l'opus.
"Nice Job For Miss Kutie" poursuit dans le sillon tracé par "I Crashed...", diminue le rythme mais convoque les musiciens dans un développement plus exotique et dansant. Puis, le morceau ne cesse de reprendre en puissance, il enchaîne passages heavy, puis death, et trouve enfin sa conclusion là où on l'avait laissé quelques minutes plus tôt. Si Bowel Sounds était un vinyle, on le retournerait maintenant.

"How To Make Your Friends Happy (No Fun)" rappelle "Chees Us", les Belges nous offrent un deuxième tour de manège. Les 2min50 sont brutales mais ne cessent de creuser notre appétit.

Les deux morceaux suivants continuent de convaincre et d'explorer d'autres ambiances, Shargath s'offre même une digression rap sur "Skull Of The Festish Slave". Le riff final saccadé annonce la fin de "Bowel Sounds".

Dernière descente infernale de la montagne russe, "Dying At The Trendy Party" résume à lui seul tout l'album, des riffs puissants et tordus, une section rythmique foudroyante, un chant schizophrène. Déroutant, excitant et percutant, Shargath est un groupe trop rare que pour passer à côté. Alors jetez-vous sur leur album, il est gratuit.

Excellente nouvelle, le troisième opus devrait bientôt sortir, gratuitement lui aussi !







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