samedi 25 décembre 2010

Arcade Fire - The Suburbs (2010)



C'était en 2004, le premier album des Arcade Fire intitulé "Funeral" rencontrait un succès critique colossal propulsant la troupe sur le devant de la scène avec la lourde charge de "sauver le rock".
Six ans plus tard, Arcade Fire n'a pas sauvé le rock. Leur deuxième album "Neon Bible" ayant eu pour mission de combler les attentes toujours plus lourdes de la presse et du public, a (forcément) déçu. Le parcours est quasi identique à celui, quelques années plus tôt, des Strokes, à la différence près que "Is this it?" méritait peut-être plus le déchaînement qu'il a suscité.

Bref, nous voilà en 2010, avec le troisième opus d'un groupe qu'on avait un peu oublié, perdu dans la soupe tiède que nous verse sans vergogne la majorité des stations fm.

Et pourtant, Arcade Fire sort son meilleur album à ce jour. Comme libéré de l'agitation médiatique qu'il avait alors suscité, le groupe se retrouve autour de chansons solides, riches et subtiles. Négociant un petit retrait de chacun de ses membres au profit de ses chansons, l'album en ressort plus unifié. On ne compte pas les tubes potentiels (Modern Man, City With No Children, Suburban War, Empty Room) et déjà avérés (We Used To Wait, Ready To Start et The Suburbs).

Les autres chansons ne sont pas en reste. Month Of May et Empty Room sont taillées pour la scène et rappellent beaucoup certains titres de "Funeral" : Wake Up et Neighborhood 3 (Power Out) entre autres. Arcade Fire compte s'installer sur la durée et, bien qu'il évolue, ne renie jamais son passé.

D'autres titres plus intimistes comme Deep Blue et Sprawl 1 ajoutent de nouvelles couleurs à un album déjà bien complet et nuancé. Sprawl 2 et sa touche electro un brin démago nous dirige droit vers la sortie. The Suburbs (Continued) clôture l'album pour mieux rappeler là où on l'avait démarrer avec ceci en plus que l'intimisme quasi poétique d'Arcade Fire y côtoie des nappes de synthés proches de Badalamenti, et une rythmique moderne, parfois froide mais jamais outrancière.

En somme, Arcade Fire livre un album riche et fin, qui relève haut la main le défi de l'écoute en boucle. "The Suburbs" se révèle à chaque nouvelle écoute et nous livre de nombreuses et subtiles trouvailles inaperçues jusqu'alors.

N.

samedi 11 décembre 2010

BOWEL SOUNDS OF A DEAF MAN - SHARGATH (2007)




Pour la première chronique, je me suis repenché vers ma bibliothèque "iTunes" plutôt que dans les nouveautés toutes droites sorties afin de profiter de la période des fêtes. Je n'ai pas eu non plus envie de chroniquer une livraison qui a déjà saturé tout l'espace médiatique, mais plutôt un disque quelque peu à part. 

A part tout d'abord dans sa conception, "Bowel Sounds Of The Deaf Man" est la première livraison entièrement auto-produite par le groupe belge Shargath. Elle est téléchargeable gratuitement et intégralement sur le site du groupe www.shargath.com !   

A part également dans son contenu, "Bowel Sounds" est un album de metal où puissance et intensité ne riment pas avec facilité et déjà vu, et où complexité et expérimentations n'incluent pas forcément longueur et démonstration.

Au contraire, les neufs chansons de cet opus sont directes. Le quartet n'a pas l'intention de nous faire attendre, la montagne russe est enclenchée et bien décidée à ne pas relâcher la pression un seul instant. La machine roule tellement bien que l'on pardonnera très facilement le mix un peu "roots" de la galette.

Dès "Chees Us", les riffs s'enchaînent tantôt raides et tendus, tantôt lourds et sinueux mais d'un groove toujours imparable. Le chanteur donne le ton, la section rythmique se charge du reste. Attachez vos ceintures, Shargath s'occupe de vous.

Les belges ont bien compris qu'un bon album doit tenir sur la longueur."Ski Spies Are Watching Us From Space", le deuxième titre nous offre une petite bouffée d'oxygène après un démarrage explosif.  Il ouvre entre autre sur un petit échantillon du registre mélodique dont ils sont capables mais permet surtout de reprendre la suite avec encore plus d'entrain. Au delà de la puissance impressionnante dont sont chargés les morceaux, une autre impression se dégage à l'écoute de l'opus : celle du plaisir communicatif que prend le groupe à jouer. Les Shargath sont futés, ils défoulent à mesure qu'ils nous excitent !

"Hairdressing Room" enfonce le clou. Le morceau, probablement l'un des plus réussis de l'album nous balade de bout en bout. On a le sentiment de ne plus trop savoir où tout a commencé mais sans celui, désagréable, d'être perdu. Le voyage est simplement jouissif.

Les riffs trash, black et death s'enchainent sur "I Crashed My Evil Puppets" tandis que le chant explore d'autres registres, développe des ambiances encore inédites dans l'opus.
"Nice Job For Miss Kutie" poursuit dans le sillon tracé par "I Crashed...", diminue le rythme mais convoque les musiciens dans un développement plus exotique et dansant. Puis, le morceau ne cesse de reprendre en puissance, il enchaîne passages heavy, puis death, et trouve enfin sa conclusion là où on l'avait laissé quelques minutes plus tôt. Si Bowel Sounds était un vinyle, on le retournerait maintenant.

"How To Make Your Friends Happy (No Fun)" rappelle "Chees Us", les Belges nous offrent un deuxième tour de manège. Les 2min50 sont brutales mais ne cessent de creuser notre appétit.

Les deux morceaux suivants continuent de convaincre et d'explorer d'autres ambiances, Shargath s'offre même une digression rap sur "Skull Of The Festish Slave". Le riff final saccadé annonce la fin de "Bowel Sounds".

Dernière descente infernale de la montagne russe, "Dying At The Trendy Party" résume à lui seul tout l'album, des riffs puissants et tordus, une section rythmique foudroyante, un chant schizophrène. Déroutant, excitant et percutant, Shargath est un groupe trop rare que pour passer à côté. Alors jetez-vous sur leur album, il est gratuit.

Excellente nouvelle, le troisième opus devrait bientôt sortir, gratuitement lui aussi !







lundi 6 décembre 2010

Présentations

Cette page est pour moi l'occasion de partager mes coups de coeur (ou coups de gueule) musicaux, cinématographiques ou plus largement artistiques. Je suis ouvert à la découverte, et reçois avec plaisir du matériel à chroniquer! Donc, si vous êtes artistes, que vous désirez faire publier un avis critique de votre oeuvre sur ce blog, contactez-moi via blognoize@hotmail.be !

Je souhaite à tous de belles découvertes!

N.